Archipel Citoyen détaille sa vision écologique pour Toulouse

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Attendu sur le terrain de l’écologie, Antoine Maurice et ses colistiers ont présenté ce mercredi 29 janvier les préconisations d’Archipel Citoyen en la matière. Une stratégie globale que le collectif souhaite opposer à « l’addition de petites actions » du maire sortant.

Archipel Citoyen
©Nicolas Mathé-JT

Inévitablement, l’écologie est sur toutes les bouches à l’occasion de cette campagne municipale. Deux jours après que Jean-Luc Moudenc ait dévoilé quelques-unes de ses propositions en la matière, c’est au tour d’Archipel Citoyen de s’avancer sur le terrain de prédilection de sa tête liste Antoine Maurice. L’occasion, pour celui qui souhaite faire de Toulouse une ville en transition, de répondre aux accusations récurrentes du maire sortant sur le sujet : « La punition, ce n’est pas l’écologie mais l’absence d’écologie. Quant au dogmatisme, il se situe plutôt dans le fait de croire à une croissance infinie alors que les ressources sont limitées. »

Mais avant de développer la vision globale stratégique qu’Archipel oppose à « l’écoblanchiment et à l’addition de petites actions » du maire, c’est d’abord Romain Cujives qui se charge de torpiller les mesures récemment proposées par Jean-Luc Moudenc, ciblant entre autres le rétropédalage sur la piétonnisation du pont Saint-Pierre, ou le remplacement des bus diesel à horizon 2025, « une fausse annonce dans la mesure où plus aucun achat de tels véhicules n’est fait depuis 2008 », selon le conseiller municipal.

Chaque décision municipale conditionnée à son impact carbone

De son côté, avec comme objectif de respecter la trajectoire fixée par la Cop21, Antoine Maurice placera, en cas d’élection, toute l’action municipale sous l’égide d’un principe inaliénable : « Plus aucune décision climaticide ne doit être acceptée par négligence ou par manque de coordination entre les services. » Pour cela, sa première préconisation consiste à créer une Autorité organisatrice du défi climatique, qui serait notamment chargée d’établir un plan de réduction des émissions de gaz à effet de serre, et disposerait d’un droit de veto carbone.

Toutes les décisions seraient ainsi conditionnées à leur impact écologique. Et pour impliquer les habitants sur toutes ces problématiques, le collectif envisage de mettre en place une Agence citoyenne de la transition. Enfin, tous les documents de planification urbains (PDU, PLUiH, SCOT…) devront être mis en cohérence avec le Plan climat air énergie territorial.

Développement du solaire thermique et réglementation des chauffages en terrasse

Autre ambition de l’équipe menée par Antoine Maurice, réduire drastiquement la facture énergétique de la ville. Parmi les leviers d’actions, un vaste plan de rénovation thermique des logements est préconisé. Il concernerait 2 000 habitats sociaux et 8 000 du parc privé pour un budget annuel de 11 millions d’euros, « l’équivalent du montant investi durant le mandat actuel pour l’embellissement du centre-ville », précise Olivier Gazzera, l’un des colistiers.

S’inspirant de la ville de Rennes, qui vient de bannir aux bars et restaurants de chauffer leurs terrasses, Antoine Maurice propose, lui, de réglementer cette pratique. Un arrêté municipal serait pris pour interdire le chauffage au gaz tout en autorisant les systèmes électriques uniquement en terrasse couverte et fermée (l’interdiction totale serait mise en débat).

Dans le même temps, le projet d’Archipel Citoyen en matière d’écologie prévoit d’encourager les alternatives énergétiques. À travers un chèque bas carbone pour aider, à hauteur de 30 % du prix des travaux, le remplacement des chaudières au fioul ou à gaz, l’utilisation du solaire thermique pour l’eau chaude dans les bâtiments neufs, ou encore la conversion des réseaux de chaleur existant en réseaux de chaleur et de froid.

Végétalisation partout où cela est possible

Enfin, sur la place accordée à la nature, Catherine Jeandel, océanologue-géochimiste présente sur la liste, déplore que « Toulouse, réputée ville chaude, ne dispose que de 28 mètres carrés d’espaces verts publics par habitant, bien en deçà de la moyenne des 50 plus grandes villes de France, qui s’élève à 48 mètres carrés ». Est donc envisagée la création de microforêts avec des arbres en pleine terre, de vergers, de zones d’agriculture urbaine ainsi que la généralisation des écoles Oasis (établissements scolaires aux cours débitumées) dans tous les quartiers. « Dans les rues, sur les murs, sur la rocade ou sur les berges de la Garonne, nous souhaitons végétaliser partout où cela est possible », résume Antoine Maurice.

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