Culture : Archipel attaque le bilan de Jean-Luc Moudenc

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Peu généreuse, peu ambitieuse, élitiste… La liste d’Archipel Citoyen lance une charge contre la politique culturelle de l’actuel locataire du Capitole et livre ses préconisations pour le prochain mandat.

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« Depuis six ans, Jean-Luc Moudenc et son équipe n’ont de cesse de défaire les embryons de politiques culturelles qui avaient été mises en place précédemment. » Antoine Maurice, la tête de liste Archipel Citoyen ne cache pas son amertume vis-à-vis du locataire actuel du Capitole, qu’il accuse d’avoir abandonné, depuis qu’il est installé, plusieurs lieux dédiés aux arts, comme la salle de la Mounède, l’Espace Croix-Baragnon ou le projet de la Maison de l’image. Surtout, le candidat du collectif déplore « la baisse globale des soutiens à l’ensemble des acteurs du secteur, des associations qui agissent au plus près des habitants, jusqu’aux institutions qui doivent assurer des missions de service public ». Il parle d’une chute du montant des subventions de 25 % à l’arrivée de Jean-Luc Moudenc en 2014, sur laquelle il s’engage à revenir si sa liste est élue. Autres griefs à l’encontre du maire sortant : la rénovation « à grands frais » du patrimoine du centre-ville, la demande de classement de Toulouse à l’Unesco, « alors que le Canal du Midi n’est toujours pas valorisé comme il le devrait » et « sa tendance à faire appel à des structures parisiennes prestigieuses hors sols », comme celle à qui a été commandée une étude sur ce que pourrait être la future Cité des arts à l’Hôpital de la Grave. « Pour Archipel Citoyen, la culture n’est ni un supplément d’âme ni un outil de marketing territorial. Elle est le fruit des seules ressources illimitées dont nous disposons dans un monde fini : l’imagination, la création, nos capacités d’invention », s’envole Antoine Maurice.

De l’art à la place des pubs

Le collectif fait une quinzaine de préconisations, parmi lesquelles la mise en place d’un chèque culture à destination des personnes issues des foyers aux revenus les plus faibles, d’un Passeport pour l’art dans les maternelles et primaires, d’une Maison des cultures à la Reynerie, ou d’une Plateforme européenne des arts du cirque et du mouvement. Proposition iconoclaste, Archipel souhaite aussi transformer les panneaux publicitaires de la Ville rose en supports d’expression éphémères : « C’est une façon de lutter contre la pollution visuelle que représentent ces espaces dans notre quotidien et cela permet à la municipalité d’assurer ainsi une animation artistique plutôt que commerciale », explique Jeanne-Valérie Held, colistière. Un effort serait tout particulièrement porté sur la parité : « À Toulouse, les femmes sont les grandes oubliées des politiques culturelles. Elles sont moins présentes à chaque étape de la création et donc au final dans les programmations », déplore Leïla Amini, chargée de production dans le cirque et le théâtre de rue et 34e sur la liste citoyenne. Enfin, symbole de « la volonté de favoriser les synergies et de décloisonner » du collectif, son projet de Maison de la pensée ou de Cité des imaginations : un laboratoire où se mélangeraient les acteurs de différentes disciplines culturelles, scientifiques et techniques « pour inventer la ville de demain », qui pourrait voir le jour à la prison Saint-Michel.

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