Une triangulaire peut-elle faire perdre Jean-Luc Moudenc à Toulouse ?

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À près d’un mois du premier tour des élections municipales, quid de la stratégie de chacun pour le second ? Dans l’hypothèse d’une triangulaire, l’issue du scrutin à Toulouse serait incertaine et la partie loin d’être gagnée pour Jean-Luc Moudenc. 

Jean-Luc Moudenc (Mairie de Toulouse)
Jean-Luc Moudenc © Patrice Nin (Mairie de Toulouse)

Rien n’est joué à Toulouse. Lors d’une élection municipale, les listes ayant recueilli plus de 10 % des suffrages exprimés au premier tour peuvent se maintenir au second. Ce qui donne lieu à des triangulaires, voire des quadrangulaires. Et c’est bien ce qui pourrait arriver à la Ville rose, le mois prochain, notamment si le Rassemblement National réalise un score suffisant — dans un sondage de l’institut BVA, en mai dernier, le RN, représenté par Quentin Lamotte, enregistrait 9 % des intentions de vote des Toulousains. « La présence de l’extrême droite au second tour est ce qui fait le plus peur à Jean-Luc Moudenc, parce qu’il aura alors quasiment fait le plein de ses voix », confie Pierre Cohen, à la tête de Pour la cohésion. « Il suffira, par conséquent, que la somme des suffrages récoltés par les trois listes de gauche soit supérieure au score du maire sortant, pour que la dynamique s’instaure », professe-t-il. Selon lui donc, si le RN passe au second tour, la gauche a toutes ses chances d’accéder au Capitole.

« Des rouges au Capitole »

Jean-Luc Moudenc avait évoqué cette possibilité de triangulaire à Toulouse, lors de sa première conférence de presse de janvier, et exprimé sa crainte de « l’arrivée des rouges au Capitole ». « Il désignait les membres d’Archipel Citoyen », traduit Pierre Esplugas, le directeur de campagne d’Aimer Toulouse : « C’est un mouvement que Jean-Luc Moudenc compare à une pastèque, c’est-à-dire vert à l’extérieur et rouge à l’intérieur, dont la pensée politique est davantage liée à l’extrême gauche qu’à l’écologie. » Le porte-parole, qui ne cache pas son incertitude quant à l’issue du scrutin, rappelle la position qu’adoptera Aimer Toulouse entre les deux tours : « Il n’y aura aucune alliance, la liste ne changera pas. Nous avons fait le choix de la clarté et refusons tout mariage contre nature. » Il égratigne, au passage, les trois principales coalitions de gauche, « qui feront leur tambouille pour fusionner, et à qui il faut souhaiter bien du courage pour gouverner ensemble, compte tenu des piques qu’elles se lancent aujourd’hui ».

La fusion des possibles

Car la gauche, si elle n’a pas encore réussi à faire campagne commune, ne désespère pas d’y parvenir après le premier tour. Archipel Citoyen a justement réuni ses militants, ce 11 février, « pour envisager toutes les configurations possibles et décider d’une éventuelle fusion, de la personne qui mènera les négociations avec les potentiels alliés, et des lignes rouges programmatiques », indique Maxime Le Texier, porte-parole et cofondateur du mouvement. Des orientations qui seront dévoilées le 18 février. Si, au sein de l’équipe de Une (PS-PC-PRG), « on y réfléchit, mais on préfère ne pas communiquer là-dessus pour l’instant », Pierre Cohen réaffirme, quant à lui, sa ferme intention de faire l’union de la gauche, le soir du 15 mars : « Nous pourrions présenter une liste unitaire dès le lendemain. Il y a vraiment la possibilité de s’entendre. Nous avons des points de désaccord, mais nous nous rejoignons tous sur notre opposition à la politique de Jean-Luc Moudenc et la nécessité de répondre à l’urgence climatique. »

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