Mouvement des mouchoirs blancs : un vote nul pour se faire entendre

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Le mouvement des Mouchoirs blancs appelle tous les déçus et oubliés de la politique à voter nul. Symboliquement et pour être plus visibles, ses sympathisants proposent de glisser un mouchoir jetable dans l’urne à la place du bulletin de vote.

mouchoirs blancs urne
CC by Pierre-alain dorange

Glisser un mouchoir en papier dans l’enveloppe que l’on déposera dans l’urne les 15 et 22 mars prochains pour les élections municipales. C’est l’idée d’un groupe de citoyens, issus des quartiers populaires, qui lance le mouvement des Mouchoirs blancs et espère ainsi faire entendre la voix de tout les oubliés et déçus de la politique. « On reproche souvent aux jeunes et aux gens des zones défavorisées de ne pas voter. Mais, au niveau politique, rien ne se passe pour eux », observe Zhora Slimane, une habitante du quartier Bagatelle à l’initiative du collectif, déjà très impliquée dans la vie associative.

Mouchoirs blancs : un vote nul pour se faire entendre

Présidente d’une association qui s’engage contre la violence et pour le respect des droits des habitants dans les quartiers, elle a initié ce mouvement pour marquer son ras-le-bol d’une classe politique immuable et sclérosée par l’entre-soi. « Il faut boycotter ces pseudo listes qui ne représentent qu’elles-mêmes. Sous de nouveaux noms, nous retrouvons systématiquement les mêmes anciens de la majorité ou de l’opposition », dénonce-t-elle.

Ce vote-kleenex, considérés comme nul au motif que le bulletin n’est pas réglementaire, ne sera pas pris en compte dans les résultats de l’élection. À la différence des votes blancs qui, eux, sont bien comptabilisés même s’ils ne sont toujours pas intégrés aux statistiques des suffrages exprimés. En revanche, ils seront quantifiables puisque « tout est inscrit sur le procès-verbal. Et nous demanderons des comptes à la préfecture », précise Zhora Slimane.

Une fracture entre les élus et les habitants des quartiers

Selon elle, la fracture entre les électeurs et leurs représentants qu’elle dénonce est particulièrement flagrante dans les quartiers populaires. Une situation qu’elle estime due aux promesses trop régulièrement trahies. « Les candidats font quelques propositions, puis disparaissent, quand ils sont en poste. Nous les voyons seulement revenir trois mois avant chaque scrutin. Malgré le fait qu’ils s’efforcent d’intégrer un ou deux Arabes sur la quarantième ou cinquantième place, ils ne représentent absolument pas les quartiers qui sont à l’abandon », déplore Zhora Slimane.

Elle espère donc que son mouvement mettra en évidence le mécontentement de ses concitoyens. « L’objectif est de faire en sorte qu’ils ne puissent plus ignorer que rien ne va pour nous », lance-t-elle avant de rappeler les difficultés qu’elle rencontre au quotidien en matière de logement, d’emploi, de mixité sociale ou d’injustice quant à l’accès à une scolarité de qualité.

Mais selon elle, sa démarche, pourtant animée par l’intérêt général, dérangerait une partie de la gauche. « On nous reproche de faire le jeu de Jean-Luc Moudenc ou d’offrir des voix au Rassemblement national. Mais nous ne donnons rien à personne », se défend Zhroa Slimane qui dit également avoir été approchée par le mouvement Une de Nadia Pellefigue. Une question qu’elle a vite tranchée : « Se mettre dans la politique ne sert à rien du tout. » Rendez-vous, donc, le 15 mars pour faire le compte des Mouchoirs blancs retrouvés dans les urnes.

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